CAMBODGE – Une vie sur l’eau

Les gens de l'eau - Un peuple nomade

Sur le Tonlé Sap, rien (ou presque) n’a changé depuis des siècles…

Sédentaire ou nomade, la vie courante des hommes s’est adaptée aux changements de niveau et de sens du courant de l’eau. Certaines maisons sont construites sur des hauteurs vertigineuses de pilotis, à plus de 10m du sol, ou du fond, suivant le cas. D’autres sont flottantes, arrimées les unes aux autres en villages tout entiers. Des bidons de plastique ont quelque peu remplacé le bambou de leurs ancêtres et quelques pirogues sont bien équipées de moteurs mais le niveau de vie de la population n’évolue que très lentement, contrairement au niveau d’eau.

Le Tonlé Sap est le site d’un phénomène hydrologique unique au monde. Lac et rivière y inversent leurs rôles deux fois par an, au rythme imposé par les saisons, celui des crues et décrues du « Fleuve Mère » de la péninsule indochinoise.

À partir du mois de mai, les eaux du Mékong, déjà gonflées de la fonte des neiges himalayennes à sa source, grossissent encore des nombreuses pluies de moussons des pays traversés. Ces incroyables quantités d’eau parviennent alors à inverser le courant habituel de la rivière pour remonter vers le Nord et submerger totalement la zone dépressionnaire du lac. Le Tonlé Sap peut alors atteindre, en fin de saison des pluies, une profondeur de plus de 9 mètres, une superficie de plus de 16.000 km2, et une contenance totale multipliée par 70 ! Chaque année (en novembre) le début de la saison sèche est marqué par une nouvelle inversion du courant, un retour à la normale en somme. Le paisible écoulement du Tonlé Sap vers le Mékong.En fin de saison sèche (au mois d’avril) le lac Tonlé Sap est un réservoir peu profond (environ 1m) sur 2.700 km2 de superficie. La rivière s’en écoule alors paisiblement vers le Sud, vers le Mékong qu’elle rejoint aux alentours de Phnom Penn.